Ma réponse aux interrogations d’ATTAC // Déclaration d’Olivier Longeon // 3 juin 2017

Atac Forez // Attac Loire-sud – Le 31 mai 2017

Objet : lettre ouverte à destination des candidats à la députation

Attac Forez et Attac Loire-sud ont jugé utile d’interpeler les candidats aux élections législatives de la Loire sur quelques points, parmi d’autres, trop souvent absents des débats en cours.
(…)
En terminer avec la gouvernance de la finance
Depuis le déclenchement de la crise de 2008, les banques, les multinationales et ceux qui en profitent n’ont jamais été réellement inquiétés. Aucun gouvernement ni aucune institution n’a réussi à (n’a souhaité ?) s’opposer durablement à leur puissance.
Attac se bat depuis sa création pour réduire le pouvoir exorbitant de la finance. Ses idées progressent : la majorité des citoyens est favorable à la taxe sur les transactions financières. Avec un taux de 0,1% ou 0,01% selon la nature des transactions ; la recette prévisible se chiffrerait entre 30 et 40 milliards d’euros pour la France.
Il faut rendre aux banques leurs vraies missions pour les ménages et les entreprises de production : dépôt de l’argent et accord de crédits. Ceci passe par la séparation stricte des activités de dépôt et des activités spéculatives (pourquoi pas par la prohibition de ces dernières dans la majorité des établissements ?) et l’interdiction, pour les banques et leurs gros clients, d’avoir une quelconque relation avec les « paradis » fiscaux (filiales ou placements d’argent), sous peine d’interdiction d’exercer en France.
Attac milite contre l’évasion et la fraude fiscale. Ici, on parle essentiellement des multinationales et des grandes fortunes, les sommes en question sont considérables. Il est indispensable de renforcer les effectifs de l’administration impliquée dans la traque des délinquants financiers et de leurs intermédiaires (responsables de banques et sociétés de conseils). Il faudrait appliquer des sanctions réellement dissuasives, obliger les multinationales à déclarer et à payer leurs impôts, en fonction de la localisation de leurs activités, pays par pays. La recette prévisible se situerait entre 60 et 80 milliards d’euros pour la France.
Attac Forez et Attac Loire-sud attendent des futurs députés un engagement clair pour éradiquer les scandales connus et reconnus.

Je rejoins vos engagements contre une gestion de la finance internationale qui, notamment, ne rémunère plus normalement le travail et joue avec la spéculation.
Pour exemple, les transactions boursières sont parfois totalement automatisées pour spéculer, sans aucune réflexion humaine, sur la vie d’entreprise et de leurs employés.

J’ai signé déjà plusieurs engagements pour rappeler mon opposition notamment aux paradis fiscaux.

En finir avec les traités internationaux de « libre échange » imposés en toute opacité par l’idéologie libérale et les firmes multinationales
Après le TAFTA, accord commercial négocié entre l’Europe et les Etats-Unis actuellement en sommeil, le CETA, entre l’Europe et le Canada, vient d’être adopté par le Parlement européen.
Ce ne sont pas les seuls traités en cours de négociation et, derrière eux, les multinationales  et leurs imposants lobbies sont à la manœuvre pour défendre leurs intérêts et leurs profits.
Les objectifs de ce type d’accord :
– supprimer les droits de douane pour la plupart des produits (essentiellement sur les produits agricoles), – supprimer les « barrières non tarifaires », c’est-à-dire revoir les normes sociales (droit du travail), alimentaires ( agriculture paysanne ou fermes usines), sanitaires (OGM ou pas), phytosanitaires (utilisation des pesticides), environnementales (fracturation hydraulique), des normes qui ont été définies et choisies par l’histoire citoyenne des pays concernés ; ici, une aggravation de la crise agricole est prévisible,
– permettre aux multinationales de porter plainte contre les Etats quand elles considèrent que la législation en vigueur est nuisible à la concurrence et à leur profit.
Suite au vote du Parlement européen (les députés européens français ayant majoritairement voté contre), le CETA devrait entrer en application partiellement (?), provisoirement (?), en attendant sa validation par les Parlements nationaux.
Le flou est de mise et nous invitons les candidats à informer clairement les citoyens de leur positionnement face à ces questions sur lesquelles ils auront à légiférer prochainement.
Pour ATTAC, il ne s’agit pas d’interdire les échanges internationaux mais de les choisir et de les contrôler démocratiquement.
Ce type de traité représente un risque majeur pour la démocratie en consacrant la prise de pouvoir des grandes firmes multinationales, au détriment des nations et des réglementations choisies par les populations. De plus, le CETA entre en contradiction avec les exigences de la COP 21 (accord pour limiter le réchauffement climatique) et serait potentiellement contraire à notre Constitution.
Il faut faire obstacle à ces traités et demander aux candidats à la députation de prendre nettement position contre.

Je me suis engagé depuis de nombreuses années contre ces traités internationaux qui sous prétexte d’abolition des barrières douanières font courir de graves risques à la Planète : standardisation de l’agriculture, utilisation de produits chimiques pour intensifier les productions alimentaires, disparition de certaines cultures sous prétextes de libre circulation des produits filmés par les majors, exploitation du Sud par le Nord au mépris des êtres humains, …
Député, je voterai contre ces traités internationaux qui détruisent des vies et la Planète.

La transition énergétique : une urgence absolue
Un rappel : la fin annoncée du nucléaire doit être accélérée, chiffrée et clairement programmée.
Le réchauffement climatique est en marche avec tout un cortège de conséquences catastrophiques prévisibles sur la planète entière et sur les populations humaines.
Selon le Groupe des Experts Internationaux du Climat (GIEC), il va provoquer une baisse de 2% par décennie des rendements agricoles mondiaux au 21ème siècle tandis que la demande mondiale va croître de 14% par décennie jusqu’en 2050.
L’insécurité alimentaire et l’accroissement des difficultés d’accès à l’eau douce pour de nombreuses populations, créeront 250 millions de réfugiés climatiques à l’horizon 2050 d’après le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies.
Dans le même temps, le niveau moyen de consommation d’un Français, tous biens confondus, nécessiterait trois planètes comme la terre s’il devait être étendu à l’humanité entière …
La loi sur la transition énergétique votée en août 2015 a d’ores et déjà pris du retard sur les objectifs (plutôt modestes) qu’elle avait fixés. La France n’est qu’au 16ème rang des pays de l’Union Européenne (UE) pour la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’énergie en 2015 avec seulement 14%.
Pourtant, avec la transition énergétique près d’un million d’emplois pourraient ainsi être créés en France (coût estimé environ 100 milliards d’euros).
Des mesures pourraient être prises rapidement comme la suppression des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles.
La transition énergétique c’est aussi aller vers une « société décarbonnée ». Pour tenir les engagements pris par la France à la COP 21, il convient de ralentir sérieusement nos consommations et renoncer définitivement à toute nouvelle exploitation de matières fossiles (gaz de schiste entre autres).

Comme à d’autres questionnaires, je réponds que la transition énergétique est évidemment urgente pour sauver le climat et la Planète. S’engager résolument dans cette direction permettra de créer des emplois.
La Chine et une partie de l’Europe l’ont compris. La France ne doit pas rester en retard pour sauver son nucléaire qui est aujourd’hui dépassé.
La sortie du nucléaire ne supprimera pas des emplois car elle nécessite de garder les équipes dans les centrales pour surveiller et encadrer le démantèlement.

La récente loi de transition énergétique doit être appliquer et amplifier pour que la France convertisse au plus vite son énergie en une énergie propre.

La France doit entamer une réflexion sur ses investissements, et ceux de ses entreprises, dans l’économie du carbone.

La préservation de la biodiversité et la promotion d’une alimentation plus saine : une nécessité de justice sociale, sanitaire et écologique
La loi de protection de la nature de 1976  fut ambitieuse mais par la suite bridée de toutes parts par une classe politique sous influence des lobbies (chasse et agrochimie pour ne citer que ces deux-là). Les études menées sur le terrain montrent une érosion alarmante et accélérée de la biodiversité.
Tous les territoires sont touchés et certains plus que d’autres comme les zones rurales où se pratique une agriculture intensive avec l’emploi massif de produits phytosanitaires issus de l’industrie chimique. Rappelons que la France est co-championne d’Europe, avec l’Espagne, pour l’utilisation de ces produits reconnus dangereux pour la santé humaine, la faune et la flore et que cet usage est encore en constante augmentation.
Si les insectes sont probablement la catégorie faunistique la plus concernée, certaines espèces d’amphibiens et reptiles ou d’oiseaux et de mammifères inféodés aux milieux cultivés sont également très touchées, au point de disparaître. Toute la chaine alimentaire est impactée ; de précieux alliés de l’agriculture manquent.
L’usage de ces produits entraine une pollution des nappes phréatiques et par extension des sols et des cultures environnantes.
Il est plus qu’urgent de revenir à une alimentation saine et donc de promouvoir une agriculture paysanne de proximité, respectueuse des sols, des plantes, des animaux et des paysages. L’agriculture intensive est une impasse, l’agriculture biologique et la permaculture démontrent tous les jours que d’autres techniques sont possibles et viables dans la durée. L’engouement pour les produits bio/locaux et une alimentation plus saine ne cesse d’augmenter : plus 20% de produits bio dans le panier du consommateur français en 2016 comparé à 2015 ; tandis que les aides publiques continuent d’aller presqu’exclusivement à l’agriculture traditionnelle et/ou intensive.
Quelques pistes : aides à l’installation des jeunes agriculteurs en bio, développement des circuits courts, diminution rapide de l’usage des produits phytosanitaires, mesures agro-écologiques pour encourager la préservation de la biodiversité. Les clefs pour changer de cap sont nombreuses mais le courage politique semble faire cruellement défaut.

Administrateur d’associations de protection de la Nature, ancien permanent d’associations de protection de la nature, je crois avoir fait la preuve de mon engagement pour la sauvegarde de la biodiversité en France.

Je le redis, les graines sont des biens communs. Je m’oppose à la brevétabilité du vivant pour sa commercialisation et son accaparement par quelques grandes multinationales.

Olivier Longeon, candidat de gauche et écologiste de la 2ème circonscription de la Loire

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