vote d’un voeu pour défendre les contrats aidés // Intervention d’Olivier Longeon au conseil municipal de St-Etienne // 18 septembre 2017

Je reste nostalgique du dispositif Emploi Jeune, qui aurait été à étendre et à améliorer parce qu’il incluait les questions « pourquoi un emploi ? », « quel est le besoin ? », ainsi qu’une notion de dégressivité sur 5 ans, donc on s’engageait dans la durée pour que quelqu’un retrouve du travail. Il y avait également la notion de formation. Je trouve que l’on n’a pas fait mieux depuis. Et certains de ces Emplois Jeunes ont d’ailleurs retrouvé un emploi ou créé leur emploi dans des associations.

Vous l’avez un peu évoqué dans votre dernière intervention, ce qui nous inquiète c’est le « en même temps », c’est-à-dire que le Conseil régional supprime des aides aux associations, que, en même temps, on supprime brutalement ces emplois. Il y a quand même des gens qui reçoivent des coups de téléphone pour dire que la personne doit être licenciée le plus rapidement possible, c’est un vrai drame humain. En même temps, il va y avoir une réduction de la politique de la ville. En même temps, il va y avoir remise en cause des nouveaux rythmes de l’enfant et des suppressions. En même temps, il va y avoir suppression de la taxe d’habitation. Et pourtant, je ne suis pas du tout pour la taxe d’habitation. Je pense qu’il fallait la revoir. C’est même sans doute elle qui déséquilibrait notre territoire stéphanois puisque l’on payait sans doute trop sur Saint-Etienne. Nous aurons néanmoins un vrai problème pour soutenir les associations.

Ce qui est en train de se passer, c’est un véritable plan social sur deux, trois ans et nous n’en sommes qu’au deuxième jour, le premier étant la Région. C’est un drame aussi bien pour les personnes qui travaillent dans les associations que pour toutes les aides qu’apportent les associations et les bénévoles de ces associations, qui se retrouvent dans des situations pour lesquelles ils n’ont pas été formés. On devient dirigeant d’une association pour rendre service, pour défendre une grande idée et on se retrouve aujourd’hui à faire des choses que l’on n’a pas nécessairement envie de faire. Et en même temps, on supprime l’impôt sur la fortune !

Nous voterons ce vœu.

Olivier Longeon, Conseiller municipal Europe Ecologie Les Verts de St-Etienne

Voeu présenté par la Majorité municipale et voté par l’ensemble des élus du conseil municipal de St Etienne

« En plein cœur de l’été, en dépit des nombreuses alertes formulées par les associations représentatives des collectivités territoriales auprès du Ministère du Travail et du Ministère de l’Education Nationale, le Gouvernement a décidé de baisser, unilatéralement et sans aucun préavis, le nombre de contrats aidés.

Ces contrats constituent souvent un moyen souple à disposition des collectivités pour mobiliser des ressources humaines sans peser trop lourdement sur les finances publiques locales. Par ailleurs, pour des publics éloignés du marché du travail, mais aussi pour des jeunes, ces emplois permettent de trouver un travail servant de tremplin. En effet, contrairement à certaines affirmations et selon une étude de la DARES datée de mars 2017, il apparaît que 67 % des bénéficiaires de ces contrats retrouvent un emploi stable dans les 6 mois suivant la cessation dudit contrat (460 000 personnes concernées en 2016).

La brutalité de la décision du Gouvernement apparaît d’autant plus incompréhensible qu’il avait décidé, quelques semaines auparavant, d’accroître de manière significative leur nombre à 310 000 contrats (Le Figaro du 24/08/2017) alors que le Gouvernement précédent en avait pourtant acté la diminution dans la Loi de Finances 2017 (280 000 contrats).

Cette décision est inacceptable en ce que la méthode employée et le raisonnement qui la porte témoignent d’une certaine forme de mépris à l’encontre des collectivités, comparable à la baisse de nombreuses dotations destinées aux petites et moyennes communes ainsi qu’à la réduction de 11 % des crédits alloués à la politique de la ville (46,5 Md€) intervenue en juillet dernier.

Cette suppression dénote, tout à la fois, une profonde méconnaissance du fonctionnement réel des collectivités locales et une sous-évaluation délibérée des conséquences de cette décision. En effet, les emplois aidés auxquels ont recours les collectivités à la demande constante de l’Etat sont devenus indispensables pour assurer notamment la mise en œuvre des activités périscolaires dont les Temps d’activités périscolaires et les Nouvelles activités périscolaires (Tap/Nap), l’organisation de la pause méridienne, l’entretien des locaux, etc.

A Saint-Etienne, pour la rentrée 2017-2018, cela représente 42 contrats uniques d’insertion et contrats d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) affectés dans nos établissements scolaires. Par conséquent, la Ville de Saint-Etienne, tout comme l’ensemble des communes de France, sera confrontée, à l’expiration de ces contrats, à des problèmes insolubles pour accueillir dans de bonnes conditions les écoliers.

Les collectivités locales ne sont pas les seules à avoir recours aux contrats aidés. De nombreuses associations locales font appel à ces emplois permettant, d’une part, d’aider à l’insertion de publics éloignés du marché du travail et, d’autre part, de contribuer au maintien de la cohésion sociale par l’action du tissu associatif. En conséquence, les associations ne pourront plus offrir les mêmes services qu’aujourd’hui et les collectivités locales, compte tenu des baisses historiques des dotations étatiques, seront dans l’incapacité de pallier ce déficit. Ainsi, à Saint-Etienne dans le domaine de l’accueil loisirs ce sont plus de 40 structures et 114 emplois qui sont concernés, soit 18 % des animateurs et ce dès maintenant.

Il est évident que ces emplois ne peuvent constituer la seule et unique réponse face au chômage. En revanche, force est de reconnaître qu’ils sont indispensables car ils constituent un instrument incontournable permettant aux personnes fortement éloignées du marché de l’emploi de retrouver une situation professionnelle tout en respectant leur dignité humaine.

La Ville de Saint-Etienne demande donc au Gouvernement de suspendre la décision prise et d’ouvrir, sous les meilleurs délais, une véritable concertation destinée à évaluer la réalité de l’efficacité de ces emplois et les mécanismes pragmatiques pouvant être mis en œuvre pour créer un nouveau dispositif d’insertion prenant mieux en compte la formation professionnelle. »

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