Ouvertures dominicales des commerces – Intervention au Conseil municipal- 25 novembre 2024
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Ouvrir les commerces le dimanche : à qui cela profite vraiment ? Certainement pas aux petits commerçants de notre ville. Ceux qui font vivre nos quartiers, qui créent du lien social et de l’emploi local, n’ont pas les moyens de rivaliser avec les grandes surfaces de périphérie. Ces enseignes, déjà dominantes, profiteraient encore plus d’une telle mesure, au détriment de ceux qui, chaque jour, se battent pour maintenir une activité de proximité dans nos rues.

On nous parle de dynamiser l’économie. Mais soyons clairs : ce sont les grandes chaînes qui rafleront la mise, pas les librairies indépendantes, pas les épiceries du coin. Ces dernières n’ont ni les ressources financières ni les équipes nécessaires pour rester ouvertes 7 jours sur 7. Résultat ? Un appauvrissement de la diversité commerciale et des rideaux baissés dans nos centres-villes.

Et les salariés dans tout ça ? Ceux des grandes surfaces seront en première ligne : encore plus d’horaires contraints, encore moins de temps pour leur vie de famille ou pour souffler. Quant aux petits commerçants, qui bien souvent travaillent seuls ou en famille, c’est un rythme intenable qu’on leur impose. Le dimanche doit rester un jour de repos, pas une journée supplémentaire de pression économique.

Enfin, il y a une dimension écologique indissociable de ce débat. Plus d’énergie dépensée pour éclairer, chauffer ou climatiser des magasins ouverts 7 jours sur 7, plus de marchandises produites, transportées et jetées. C’est tout un modèle de consommation excessive qui s’accélère, alors même qu’on sait qu’il est insoutenable pour la planète. En promouvant toujours plus de consommation, nous allons à contre-courant des impératifs environnementaux. Nous savons que nos ressources planétaires s’épuisent. Ce n’est pas en incitant à consommer plus, même un jour de plus, que nous préserverons notre avenir.

Saint-Étienne mérite mieux qu’un modèle qui détruit ses petits commerces, précarise ses habitants et aggrave la crise environnementale. Si nous voulons réellement dynamiser notre ville, soutenons les commerces de proximité, donnons-leur les moyens de se développer, et préservons ce qui reste de nos dimanches : du temps pour les familles, pour les loisirs, pour vivre autrement que par la consommation.

Je vous demande donc, mesdames et messieurs, de ne pas soutenir cette fuite en avant. Le dimanche doit rester un jour pour les Stéphanoises et les Stéphanois, pas pour les grandes enseignes.

Germain Collombet, conseiller municipal écologiste de St Etienne