
La question du traitement des déchets est essentielle pour les générations futures. Les déchets que nous produisons sont le reflet de nos modes de vie. On pourrait dire : “Montre-moi le contenu de ta poubelle, je te dirai qui tu es”. Pendant trop longtemps, et encore aujourd’hui, Saint-Etienne Métropole avait fait le choix de cacher nos déchets sous le tapis de Borde-Matin, plus connu sous le nom du Pâteux. Fort heureusement, les nouvelles réglementations imposent à Saint-Etienne Métropole, comme partout en France, de réduire considérablement l’enfouissement et de développer les filières de valorisation. Ce mandat aura donc été marqué par de grandes évolutions : désormais, les habitantes et les habitants peuvent jeter tous les emballages dans la poubelle jaune, grâce à l’extension des consignes de tri et la construction d’un centre de tri de dernière génération à Firminy. Désormais également, nos restes de nourriture sont récupérés directement tout près de chez nous grâce à la collecte des déchets alimentaires à la source. Ces grandes avancées étaient indispensables pour permettre de valoriser une plus grande quantité des déchets que nous produisons. En 5 ans, tous ces investissements et l’évolution des comportements ont permis de réduire de 12% la quantité d’ordures ménagères résiduelles. C’est tout à fait encourageant, et cet effort collectif doit être poursuivi.
Depuis le début de ce mandat, je participe assidûment aux commissions Déchets. J’ai eu l’occasion de saluer à plusieurs reprises ici la qualité des échanges lors de ces réunions.
Donc quand j’ai découvert cette délibération, je dois avouer que les bras m’en sont tombés. Nous sommes censés approuver aujourd’hui le scénario d’une unité de traitement et de valorisation énergétique locale, autrefois appelé incinérateur, pour un coût de 200M€. Comme ça, sur présentation succinte d’une étude comparative qui tient en 2 pages. Pas de présentation en commission déchets. Pas de dossier documenté et chiffré. Alors je sais M. Driol, vous n’êtes pas tenu de soumettre tous les dossiers au préalable en commission déchets. Mais avouer que sur la forme, ce n’est pas très transparent, et ça manque cruellement de débat. La prise de décision est un exercice complexe. Un débat préalable avec l’ensemble des membres de la commission déchets aurait pu vous aider.
Que ce soit clair, et M. Driol le sait, je ne suis pas opposée à la construction d’une Unité de traitement et de valorisation énergétique de type incinérateur. Mais à condition d’avoir les moyens de comparer les différentes options possibles, d’en débattre, de pouvoir assurer aux habitantes et aux habitants que des critères environnementaux stricts sont respectés.
Aujourd’hui, ces conditions ne sont pas réunies. Nous demandons, pour pouvoir nous prononcer, que l’étude complète soit portée à la connaissance de l’ensemble des conseillers métropolitains. Nous demandons également le report du vote de cette délibération à une prochaine séance, pour qu’un débat éclairé puisse avoir lieu, d’abord en commission déchets, puis ici, en séance du conseil métropolitain.
Julie Tokhi, conseillère métropolitaine de Saint Etienne